Quand un copropriétaire vous interpelle en AG pour la troisième fois sur « le gaz qui explose », difficile de garder son calme. Surtout quand vous savez que la facture représente parfois la moitié des charges. Le problème ? Comparer les offres entre fournisseurs ressemble souvent à comparer des pommes et des ordinateurs. Prix fixe, indexé, molécule, acheminement, TICGN… Chaque devis semble parler une langue différente.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé en gestion énergétique. Les tarifs et conditions évoluent régulièrement. Vérifiez les offres actuelles auprès des fournisseurs avant toute décision.
L’essentiel pour réduire vos charges gaz en 4 points
- Comparez les devis à la même date et sur la même consommation de référence
- Choisissez le type de contrat selon votre tolérance au risque tarifaire
- Intégrez les critères qualitatifs : service client, dépannage, réactivité
- Anticipez les délais AG : comptez 3 à 5 mois au total
Pourquoi la facture gaz pèse autant sur les charges de votre copropriété
Le gaz représente généralement le premier poste de dépense dans les copropriétés équipées d’un chauffage collectif. Ça tourne autour de 30 à 40% des charges annuelles. Pour une copropriété de 50 lots, on parle d’une enveloppe entre 25 000 et 45 000 € par an. Autant dire que chaque centime d’écart au MWh finit par peser lourd.
30-40%
Part moyenne du gaz dans les charges d’une copropriété avec chauffage collectif
Depuis le 1er juillet 2023, selon le Médiateur National de l’Énergie, les tarifs réglementés du gaz n’existent plus. Fini le filet de sécurité. Les 2,6 millions de foyers encore abonnés ont basculé vers des offres de marché. Résultat : vous êtes désormais seul face à une jungle d’offres.

Ce qui me frappe dans les dossiers que je traite ? La plupart des gestionnaires découvrent trop tard que leur contrat actuel contenait une clause de reconduction tacite. Trois mois de préavis, parfois six. Et quand l’AG tombe en octobre alors que l’échéance est en septembre… on repart pour un an avec le même fournisseur.
Composition de votre facture gaz : Le prix se décompose en quatre blocs — la molécule (environ 55%), l’acheminement (15%), les taxes dont la TICGN, et la TVA. Seul le prix de la molécule varie vraiment d’un fournisseur à l’autre.
Prix fixe, indexé ou mixte : quel contrat gaz choisir pour votre immeuble
Franchement, la question du type de contrat revient dans chaque dossier. Et je comprends l’hésitation. Après la crise de 2022, tout le monde veut de la visibilité. Mais payer cette visibilité trop cher, c’est gaspiller l’argent des copropriétaires. Un comparateur prix gaz copropriété permet justement de mettre les offres à plat selon votre profil.
Fixe, indexé ou mixte : quel contrat pour votre copropriété ?
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Budget prévisible prioritaire + AG peu tolérante au risque :
Privilégiez un contrat à prix fixe sur 2-3 ans.
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Volonté de profiter de la baisse des marchés + tolérance à la volatilité :
Optez pour un contrat à prix indexé sur le TTF.
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Compromis sécurité/économie + capacité à expliquer un mécanisme hybride :
Le contrat mixte avec plafond reste la solution équilibrée.
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Incertitude forte + besoin d’accompagnement :
Faites appel à un courtier pour une analyse personnalisée.
Le contrat à prix fixe : sécurité budgétaire, mais à quel prix
Le principe est simple : le fournisseur s’engage sur un prix du MWh identique pendant toute la durée du contrat. Généralement 1 à 3 ans. D’après Service-Public.fr, cette formule permet de présenter un budget parfaitement prévisible en AG. Tranquillité garantie.
Le revers ? Cette sécurité se paie. Les fournisseurs intègrent une prime de risque dans leur tarif fixe. Si les cours du gaz baissent, vous continuerez à payer le prix négocié à la signature. J’ai vu des copropriétés payer 15 à 20% de plus que le marché spot pendant toute l’année 2024.
Le contrat à prix indexé : jouer la baisse, accepter le risque
Ici, le prix suit l’évolution du marché de gros (le fameux TTF). Quand les cours baissent, votre facture suit. Quand ils remontent… vous subissez. Les dossiers que j’ai traités montrent des économies de 10 à 18% par rapport aux contrats fixes signés début 2023. Mais personne ne peut prédire l’évolution des prochains mois.
Mon conseil : ce type de contrat convient aux copropriétés capables d’absorber une variation de 20% sur leur budget gaz. Si votre conseil syndical panique au moindre écart, évitez.
Le contrat mixte avec plafond : le compromis qui monte
Le mécanisme combine indexation et protection. Le prix suit le marché à la baisse, mais un plafond bloque la hausse au-delà d’un certain seuil. C’est exactement ce qu’a choisi Mme Fontaine, gestionnaire d’une copropriété de 45 lots à Marseille que j’ai accompagnée l’année dernière. Elle hésitait entre la sécurité du fixe et le potentiel du variable. Ce compromis lui a permis d’économiser 8 200 € sur l’année tout en rassurant son conseil syndical.
| Type contrat | Sécurité budget | Potentiel économie | Risque hausse | Facilité sortie |
|---|---|---|---|---|
| Prix fixe | Maximale | Faible | Nul | À échéance |
| Prix indexé | Faible | Élevé | Fort | Variable |
| Mixte avec plafond | Moyenne | Moyen | Plafonné | À échéance |
Les 5 critères qui font vraiment la différence quand vous comparez
Soyons clairs : le prix affiché au MWh ne suffit pas. J’ai vu trop de gestionnaires signer en regardant uniquement ce chiffre, pour découvrir ensuite des frais cachés ou un service client inexistant. Voici ma méthode, celle qui me permet d’accompagner les syndics vers une réduction des charges de votre copropriété sans mauvaise surprise.
5 vérifications avant de demander vos devis
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CAR identifiée et à jour : retrouvez votre consommation annuelle de référence sur la dernière facture
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Date d’échéance du contrat actuel : vérifiez les conditions de résiliation et le préavis requis
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Prochaine AG connue : sans date, impossible de planifier le vote
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Critères prioritaires du conseil syndical : prix seul ou aussi qualité de service ?
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Budget actuel chiffré : pour mesurer l’économie réelle, pas un pourcentage théorique
Au-delà du prix, regardez la réactivité du service client, les délais d’intervention en cas de problème, et la clarté des factures. Une facture incompréhensible génère des heures perdues à répondre aux questions des copropriétaires.
L’erreur qui fausse 80% des comparaisons : Dans les dossiers que j’accompagne, l’erreur la plus fréquente reste la comparaison de devis établis sur des consommations de référence différentes. Un fournisseur chiffre sur 600 MWh, l’autre sur 750 MWh. Résultat : un écart de 15 à 25% entre l’économie annoncée et la facture réelle. Exigez que chaque devis soit établi sur VOTRE CAR.
Conformément à la loi énergie-climat, le changement de fournisseur reste gratuit et sans coupure. Mais la gratuité du changement ne garantit pas la qualité du nouveau contrat. Prenez le temps de vérifier les clauses de révision et les conditions de sortie anticipée.
Changer de fournisseur gaz en copropriété : la vraie timeline
Sur le papier, changer de fournisseur prend quelques jours. Dans la réalité d’une copropriété, comptez plutôt 3 à 5 mois. Le vote en assemblée générale est obligatoire. Et cette contrainte change tout le calendrier.

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Demande de devis simultanés à 3-4 fournisseurs -
Réception et analyse comparative des offres -
Présentation au conseil syndical avec recommandation chiffrée -
Inscription à l’ordre du jour de l’AG -
Vote en assemblée générale -
Mise en service du nouveau contrat
Le piège classique ? Lancer la démarche trop tard. Si votre AG annuelle tombe en juin et que l’échéance du contrat est en mai, vous ratez la fenêtre. Le comparateur indépendant proposé par énergie-info permet d’accélérer la phase de collecte des devis, mais rien ne compresse le délai de l’AG.
Conseil pro : Demandez tous vos devis le même jour. Les offres gaz ont une validité courte, souvent 15 jours. En les demandant simultanément, vous comparez des prix établis dans les mêmes conditions de marché.
Pour optimiser le choix de votre fournisseur de gaz, anticipez : identifiez la date de votre prochaine AG dès maintenant, et remontez le calendrier. Si l’AG est dans 4 mois, il est temps de lancer les demandes de devis.
Et maintenant ?
Le gaz restera un poste majeur de charges tant que votre copropriété n’aura pas basculé vers une autre énergie. Autant le gérer intelligemment. La question n’est pas de trouver le fournisseur miracle, mais de comparer méthodiquement avec les bons critères, au bon moment, sur la bonne base de données.
Plutôt que de subir la pression de la prochaine AG, posez-vous cette question maintenant : quand expire votre contrat actuel, et quand tombe votre prochaine assemblée ? La réponse vous donnera votre fenêtre d’action.
Points de vigilance avant de changer de fournisseur : Les tarifs évoluent régulièrement selon les conditions de marché. Le changement doit être voté en AG de copropriété. Vérifiez les conditions de résiliation de votre contrat actuel avant de vous engager. En cas de doute sur les clauses contractuelles, un courtier en énergie ou un conseiller juridique en copropriété peut sécuriser votre décision.
