Quand Martine m’a appelé en septembre dernier, elle était perdue. Syndic bénévole depuis trois ans, elle venait de recevoir cinq devis pour le renouvellement du contrat gaz de sa copropriété. Trois pages chacun. Des chiffres partout. Aucun moyen de les comparer. Depuis la fin des tarifs réglementés en juillet 2023, c’est le lot de dizaines de gestionnaires que j’accompagne chaque mois. Le marché s’est ouvert. Les offres ont explosé. Et les repères ont disparu.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé en gestion des charges de copropriété. Les tarifs et conditions mentionnés évoluent régulièrement. Consultez un courtier en énergie ou sollicitez plusieurs devis actualisés avant toute décision.
L’essentiel pour choisir votre offre gaz en 30 secondes
- Prix fixe = sécurité budgétaire, prix indexé = pari sur la baisse du marché
- Comparer sur le prix molécule (€/MWh), pas sur le montant total estimé
- Demander tous vos devis le même jour pour éviter les écarts artificiels
- Vérifier les clauses de résiliation avant de signer un engagement long
Fin des tarifs réglementés : ce qui a changé pour votre copropriété
Depuis juillet 2023, les copropriétés n’ont plus accès aux tarifs réglementés du gaz. Terminé le repère stable d’Engie. Désormais, chaque fournisseur construit son offre librement. C’est une liberté pour le marché. C’est un casse-tête pour vous.
70%
de hausse du prix du gaz entre 2021 et 2024
D’après les indicateurs ADEME sur les prix des énergies, le gaz s’établissait à 130 €/MWh en 2024 contre 77 €/MWh trois ans plus tôt. Cette envolée a mis les syndics sous pression. Les copropriétaires exigent des économies. Sauf que pour comparer efficacement les offres sur le marché, il faut d’abord comprendre ce que vous payez vraiment. Et là, ça se complique.
Votre facture gaz se décompose en trois blocs : le prix de la molécule (environ 70%), les tarifs d’acheminement (15%), et les taxes. Parmi ces taxes, la TICGN pèse lourd. Selon l’arrêté du 20 décembre 2024, son montant atteint 17,16 €/MWh en 2025. Une hausse par rapport aux 16,37 €/MWh de 2024. Pour une copropriété de 50 lots consommant 700 MWh par an, cela représente environ 12 000 € de taxes annuelles. Pas négligeable.
Ce que la CRE publie chaque mois depuis juin 2023 : Un prix repère mensuel du gaz. Ce n’est pas un tarif obligatoire, mais une boussole. Avant de signer, vérifiez que l’offre proposée se situe sous ou autour de ce prix repère. Si elle le dépasse de plus de 10%, posez des questions. En utilisant un comparateur prix gaz copropriété, vous pouvez positionner rapidement les propositions reçues par rapport à ce seuil.
Dans mon accompagnement des syndics en région PACA, je constate une confusion récurrente : beaucoup comparent les montants totaux estimés sur 12 mois. Mauvaise idée. Ces estimations reposent sur des hypothèses de consommation qui varient d’un fournisseur à l’autre. Concentrez-vous sur le prix unitaire du kWh ou du MWh. C’est la seule base fiable.
Prix fixe, prix indexé, offre verte : lequel choisir selon votre situation
Trois grandes familles d’offres existent sur le marché. Chacune correspond à un profil de risque différent. Le problème ? Peu de syndics prennent le temps de se positionner avant de demander des devis. Ils reçoivent tout. Ils comparent tout. Et ils finissent par choisir au hasard. Je vais vous éviter cette erreur.
Offre à prix fixe : sécurité budgétaire mais rigidité
Le prix du MWh reste identique pendant toute la durée du contrat. Généralement entre 2 et 5 ans. Vous savez exactement ce que vous allez payer. C’est l’argument massue pour rassurer une assemblée générale. Mais attention. Si le marché baisse significativement, vous restez bloqué sur un tarif devenu moins compétitif. Et les clauses de résiliation anticipée peuvent coûter cher.
Offre à prix indexé : opportunité ou pari risqué
Le prix évolue chaque mois selon un indice de référence (souvent le TTF). Quand le marché de gros baisse, votre facture suit. Quand il flambe, idem. En 2022, des copropriétés ont vu leurs charges doubler en quelques mois. Soyons clairs : ce type d’offre convient aux copropriétés disposant d’une trésorerie solide et d’une capacité à absorber les variations. Pas aux autres.

Offres vertes et compensées carbone : le surcoût est-il justifié
Ces offres intègrent du biogaz ou des mécanismes de compensation. Le surcoût oscille entre 5 et 15% selon les fournisseurs. Franchement, si votre copropriété affiche un engagement RSE fort ou si les copropriétaires sont demandeurs, cela peut valoir le coup. Sinon, priorisez d’abord l’optimisation tarifaire. L’environnement n’y perdra rien si vous réduisez votre consommation globale. Le choix du fournisseur de gaz pour une entreprise ou une copropriété suit la même logique : équilibre entre budget et valeurs.
Prix fixe ou indexé : le bon choix selon votre profil
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Budget serré + AG exigeante sur la visibilité :
Privilégiez un prix fixe sur 2-3 ans. Vous sécurisez vos charges prévisionnelles et vous évitez les mauvaises surprises à présenter en assemblée.
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Trésorerie confortable + vision long terme :
Un prix fixe sur 4-5 ans peut verrouiller un tarif avantageux si le marché est bas. Vérifiez les conditions de sortie avant de vous engager.
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Petite copropriété + flexibilité souhaitée :
Un contrat prix indexé sur 1 an vous laisse réagir rapidement aux évolutions du marché. Risque modéré si la consommation annuelle reste sous 200 MWh.
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Engagement RSE assumé par les copropriétaires :
Orientez-vous vers une offre verte à prix fixe. Le surcoût est prévisible et vous répondez à une attente collective.
Le récapitulatif ci-dessous synthétise les trois types d’offres selon leur niveau de risque et le profil de copropriété adapté à chacune.
| Type offre | Sécurité budgétaire | Potentiel économie | Risque | Profil adapté |
|---|---|---|---|---|
| Prix fixe | Élevée | Limité | Blocage si baisse marché | AG exigeante, budget contraint |
| Prix indexé | Faible | Élevé si marché baisse | Explosion si marché monte | Trésorerie solide, petite conso |
| Offre verte | Variable selon formule | Faible (surcoût 5-15%) | Dépend du type (fixe/indexé) | Copropriété engagée RSE |
Les 5 critères qui font vraiment la différence (et les 3 pièges à éviter)
Je ne vais pas vous mentir : la plupart des guides listent huit ou dix critères. C’est trop. Vous n’avez pas le temps. Voici les cinq qui comptent vraiment dans les dossiers que je traite.
- Prix unitaire du MWh (hors taxes et acheminement) — C’est le seul élément vraiment négociable et différenciant entre fournisseurs.
- Durée d’engagement et conditions de résiliation — Un contrat 5 ans avec pénalités de sortie de 3 mois de consommation peut coûter très cher.
- Validité de l’offre — Certains devis expirent sous 48h. D’autres tiennent 15 jours. Vérifiez avant de lancer votre consultation.
- Modalités de révision tarifaire — Sur un contrat indexé, l’indice de référence et la fréquence de révision changent tout.
- Qualité du service client pro — Un interlocuteur dédié pour les syndics fait gagner des heures en cas de litige facturation.
D’autres critères existent : offres vertes, facturation dématérialisée, options de prélèvement. Mais ils sont secondaires. Concentrez votre énergie sur ces cinq-là.
3 erreurs qui coûtent cher aux syndics
- Comparer des devis établis à des dates différentes — Dans mon accompagnement des syndics de la région PACA, je constate régulièrement que des devis demandés à quelques jours d’intervalle présentent des écarts de 8 à 15%. Ce constat est limité à mon périmètre d’intervention et peut varier selon la période et le contexte marché.
- Se fier au montant total annuel estimé — Chaque fournisseur utilise sa propre hypothèse de consommation. Comparez les prix unitaires, pas les totaux.
- Négliger la Consommation Annuelle de Référence (CAR) — Si vos devis sont établis sur des CAR différentes, votre comparaison ne vaut rien.
Le baromètre 2025 du médiateur de l’énergie confirme que le prix reste le facteur déterminant du changement de fournisseur pour 38% des consommateurs. Mais attention : le prix seul ne suffit pas. Une offre agressive sur le tarif peut cacher des conditions de sortie désastreuses.
Comment obtenir des devis vraiment comparables

J’ai accompagné Mme Delmas l’année dernière. Son cas m’a marqué. Syndic bénévole d’une copropriété de 35 lots à Montpellier, elle devait renégocier le contrat gaz arrivant à échéance en mars 2024. Elle avait reçu une offre prix indexé en septembre 2023, quand le marché était bas. Ça semblait intéressant. Sauf qu’en analysant l’historique sur trois ans, nous avons opté pour un prix fixe sur deux ans. Résultat : 4 200 € d’économie sur la première année par rapport à l’offre indexée qui aurait subi la hausse de l’hiver 2024.
La méthode tient en quelques étapes. Simple. Encore faut-il la suivre.
Votre check-list avant de lancer l’appel d’offres
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Récupérer vos 12 dernières factures et calculer votre CAR réelle
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Lancer tous vos appels d’offres le même jour (évite les écarts de cotation)
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Exiger la même CAR sur tous les devis pour une comparaison fiable
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Vérifier la durée de validité des offres avant de planifier votre conseil syndical
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Lire les conditions de résiliation anticipée dans les conditions particulières
La chronologie typique d’un changement de fournisseur ressemble à ça :
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Collecte des factures et calcul de la CAR -
Lancement appel d’offres simultané tous fournisseurs -
Réception et analyse comparative des devis -
Présentation recommandation au conseil syndical -
Validation en AG si nécessaire -
Entrée en vigueur du nouveau contrat
Si vous manquez de temps pour gérer ce processus, l’accompagnement par un courtier en énergie peut accélérer la démarche et sécuriser la comparaison. Il existe d’autres aides (médiateur énergie, associations de syndics), mais le courtier reste le plus opérationnel pour les copropriétés pressées.
Vos questions sur le choix d’un fournisseur gaz en copropriété
Peut-on changer de fournisseur gaz en cours de contrat ?
Oui, mais des pénalités peuvent s’appliquer selon les clauses de résiliation anticipée. Vérifiez les conditions particulières de votre contrat actuel avant d’engager un changement. Le préavis standard oscille entre 30 et 90 jours.
Qui décide du changement de fournisseur en copropriété ?
Le syndic peut négocier et signer un contrat dans le cadre de sa gestion courante. Toutefois, un engagement long (4-5 ans) ou un changement significatif de conditions peut nécessiter une validation en assemblée générale. Consultez votre règlement de copropriété.
Les offres vertes sont-elles vraiment plus chères ?
Le surcoût varie entre 5 et 15% selon les fournisseurs et le type de gaz vert (biométhane ou compensation carbone). Sur une copropriété consommant 500 MWh/an, cela représente entre 2 500 et 7 500 € supplémentaires par an.
Comment vérifier que les devis sont comparables ?
Trois points de contrôle : même CAR (consommation annuelle de référence), même date de cotation, même périmètre (avec ou sans taxes). Si un de ces éléments diffère, la comparaison est faussée.
Quel est le meilleur moment pour renégocier son contrat gaz ?
Idéalement 3 à 4 mois avant l’échéance de votre contrat actuel. Cela laisse le temps de comparer, valider en conseil syndical et respecter les délais de préavis. Évitez les périodes de tension sur les marchés (hiver, crises géopolitiques).
Précisions sur les tarifs et conditions 2025
- Les prix du gaz fluctuent quotidiennement sur les marchés de gros — les estimations données reflètent une tendance et non un tarif garanti
- Les montants de TICGN et autres taxes peuvent évoluer par décision gouvernementale en cours d’année
- Chaque copropriété présente des spécificités (isolation, équipements, localisation) impactant la consommation réelle
Risques à anticiper : surcoût si choix prix indexé en période de hausse brutale, pénalités résiliation si changement avant fin engagement, comparaison faussée si devis sur CAR différentes. Pour un accompagnement personnalisé, consultez un courtier en énergie indépendant ou le médiateur national de l’énergie.
